Courrèges

Née en 1961, Courrèges est une Maison de couture française emblématique qui présente à cette époque sur des silhouettes élancées une mode novatrice et un design futuriste, déclinant le blanc et l’argent et des lignes nettes et structurées. Un véritable travail d’architecte que nous devons à André Courrèges, ingénieur des Ponts et Chaussées … et couturier, dont les débuts se font en 1950 auprès du grand couturier Cristobal Balenciaga.

Lancée en 1964, la collection « The Moon Girl » est un véritable succès. D’un genre nouveau très différent du vestiaire féminin de l’époque, hérité des années 50, le style et les pièces architecturées d’André Courrèges libèrent un peu plus le corps des femmes avec des coupes simplissimes et des matières aériennes. Un style avant-gardiste entre haute couture et prêt-à-porter qui séduit les jeunes femmes modernes.

Portée dans sa créativité par les Courrèges – André et Coqueline, un couple hyper complémentaire et visionnaire -, la Maison révolutionne littéralement les codes établis de la mode, avec des pièces devenues emblématiques telles que le tailleur-pantalon, la mini-jupe, la robe trapèze, le blouson en vinyle, les bottes en PVC, … Modernes et épurées, les créations Courrèges marquent en ce début des années 60 un tournant dans l’histoire de la mode. Portées par des femmes célèbres comme Catherine Deneuve, Brigitte Bardot, Mireille Darc, Françoise Hardy, Twiggy, …, elles sont dans tous les magazines. Leur succès est énorme ! À tel point que des copies arrivent en masse sur le marché, jusqu’aux États-Unis notamment. André Courrèges décide alors en 1965 de cesser l’activité de sa Maison de couture, et de s’éclipser de la scène de la mode parisienne et des défilés. Mais la création ne s’arrête pas chez Courrèges. Cette même année, un accord d’exclusivité est passé entre Courrèges et L’Oréal afin de distribuer des parfums et cosmétiques. Par ailleurs, le groupe L’Oréal fait l’acquisition de 50 % du capital de la Maison de couture Courrèges (participation qu’il cédera en 1983 au groupe japonais Itokin). La licence de parfums, lancée en 1970, sera cédée au groupe suisse Burrus en 1992.

Pendant deux ans, André Courrèges n’en continue pas moins de créer pour une clientèle privée. En 1967, la marque s’installe rue François 1er à Paris dans une boutique entièrement de blanc parée, et lance une collection de prêt-à-porter de luxe (« Couture Future »). Il y aura aussi « Prototype » (haute couture) en 1970 et « Hyperbole » (sportswear) en 1971, ainsi qu’un premier parfum féminin – en 1971 également -, « Empreinte » qui deviendra l’un des trois parfums les plus vendus en France à cette époque. Passionné de sport, André Courrèges créera aussi les dix lignes de vêtements officiels pour le personnel des Jeux olympiques d’été de 1972.

Dans les années 70, la marque compte près de 180 points de vente, dont trente boutiques en nom propre. Cependant, à cette époque, la mode évolue et s’oriente vers quelque chose de plus romantique, de fleuri ; un style dont la marque Cacharel va devenir un symbole. Chez Courrèges, la diversification continue avec le lancement en 1973 d’une collection pour hommes – avec des vêtements amples et souples – et d’un nouveau parfum en 1977, le masculin « FH77 ». Mais aussi avec une collaboration avec la compagnie aérienne française UTA, pour la réalisation de ses uniformes (1973). En 1974, Courrèges ouvre une boutique à New York puis lance un parfum féminin à succès, « Eau de Courrèges ». D’autres parfums suivront : « Amerique » en 1979 et « In Blue » en 1983. Et même une planche à voile en 1981 ainsi qu’une gamme de vêtements adaptés à ce sport.

À partir des années 80, la Maison Courrèges va changer plusieurs fois de propriétaire : le groupe japonais Itokin (un des deux licenciés de Courrèges au Japon) rachète en 1983 les 50% de la Maison appartenant à L’Oréal ; reprise dix ans plus tard par les Courrèges, la Maison est vendue en 2011 à Jacques Bungert et Frédéric Torloting, co-dirigeants de l’agence de publicité Young et Rubicam France ; enfin, après avoir pris une participation de 30% au capital de la marque en 2015, Artemis – de la famille Pinault – acquiert la totalité du capital de Courrèges en 2018.

Symbole d’une époque, Courrèges se conjugue également avec créateurs de haut vol, comme par exemple Jean-Charles de Castelbajac qu’André Courrèges recrute en 1993. Pour autant, la marque – bien que rachetée par les Courrèges – ne suscite plus autant d’intérêt dans les médias. À cette époque, Courrèges ne fait plus de haute couture et Coqueline a repris la direction artistique de la marque. Quant à André Courrèges, il a pris sa retraite en 1996.

Les années passent et Courrèges revient à la haute couture en 2002 avec un dernier défilé. Des collaborations sont mises en place et le travail continue au sein du studio toujours dirigé par Coqueline Courrèges. Mais la marque s’endort peu à peu, sans rien perdre cependant de sa superbe – malgré les difficultés financières – grâce à un patrimoine et des valeurs toujours intacts. Coqueline Courrèges, qui souhaite transmettre sa Maison, se met alors en quête d’un repreneur.

Au fil des rencontres, Coqueline Courrèges fait connaissance, en 2009, de Jacques Bungert et Frédéric Torloting. Dépourvus de toute expérience du monde de la mode mais terriblement créatifs, ils emportent l’adhésion de Coqueline Courrèges qui, après plusieurs entretiens, décide de décliner les offres de grands noms du luxe, dont PPR et LVMH, et de leur céder son affaire. Rachetée en 2011, la Maison qui fête ses 50 ans, est relancée autour notamment de rééditions de pièces emblématiques et d’une nouvelle boutique en ligne. Les idées fusent … et de nombreux produits dans l’esprit de la Maison sont créés – tels des tabourets dessinés par André Courrèges bien plus tôt -, des collections intègrent le noir, une couleur peu habituelle chez Courrèges, un nouveau parfum, « Blanc de Courrèges », est lancé et deux fragrances iconiques, « Eau de Courrèges » et « Empreinte », sont rééditées.

Après avoir réveillé la belle endormie, Jacques Bungert et Frédéric Torloting recrutent, en 2015, Sébastien Meyer et Arnaud Vaillant, talentueux duo à la tête du label Coperni. Sous leur direction – entre héritage et renouveau -, la nouvelle femme Courrèges reste fidèle à elle-même : libre, avant-gardiste et moderne. Comme l’avait imaginée André Courrèges, qui décède en 2016.

L’aventure des publicitaires Jacques Bungert et Frédéric Torloting avec la Maison Courrèges prend fin en 2018. Rachetée cette année-là par Artemis, la Maison mène son travail de reconstruction et de transformation sous la houlette de Christina Ahlers, directrice générale de la griffe, et Yolanda Zobel, directrice artistique passée chez Chloé et Jil Sander. Mais aussi par la marque suédoise de prêt-à-porter Acne Studios, tout comme Christina Ahlers.

Visuel : Courrèges

https://www.courreges.com/

Marque mise à jour le 14 août 2020

12 Commentaires

  1. bonjour, j’habite à TOURS, indre et loire, merci de bien vouloir m’indiquer dans quelle parfumerie je vais pouvoir acheter les deux parfums empreinte et eau de courrèges que je portais avant. merci pour la réponse,
    bien cordialement.
    Marie Christine ROCHE 23 Rue Buffon,
    37000 TOURS

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    1. Bonjour Marie Christine et merci de nous rejoindre sur Luxe en France. « Empreinte » et « Eau de Courrèges » sont désormais disponibles dans les parfumeries sélectives, les grands magasins et chez Courrèges. Pour vous faire plaisir sans vous déplacer, vous pouvez les acheter en ligne sur le site de la marque : http://www.courreges.com dans la rubrique « Parfums ». « Empreinte » est disponible en 3 contenances pour un prix de départ de 52€ et « Eau de Courrèges » est proposée en deux formats à partir de 55€. A bientôt.

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