Carel

Carel est une marque française de chaussures, réputée pour son remarquable savoir-faire et la qualité de ses produits; une marque proposant du haut de gamme accessible dans un style féminin, chic, urbain mais aussi plus jeune, dans l’air du temps, et même plutôt fashion depuis son rachat en 2010 par Frédérique Picard – une professionnelle de la parfumerie, elle a passé une dizaine d’années à la direction générale de la Maison Annick Goutal – et son associée Monia Ghazouani. Une marque – enfin – qui, tout en rajeunissant l’offre, continue de fabriquer ses souliers selon des techniques bottières ancestrales, leur conférant ainsi une incroyable souplesse et un réel confort.

Mais Carel, c’est avant tout le nom de famille du fondateur de la marque. Natif de Grenoble, Georges Carel s’installe à Paris en 1947. En 1952, il ouvre avec sa femme Rosette une boutique de chaussures dans le Quartier Latin. La marque Carel était née. À une époque où les femmes portent surtout des chaussures à bouts pointus et talons hauts et fins, Carel se distingue par une élégante sobriété et un véritable esprit d’innovation avec des modèles à petits talons qui rencontrent un succès immédiat. Après les babies ou les escarpins de toutes les couleurs proposés au commencement de la marque, le petit talon équipera bien d’autres modèles au fil des années.

Dans les années 60, un vent de liberté souffle sur la mode. Pour accompagner les jupes courtes, Carel décline ses chaussures à petits talons dans des couleurs pop. En 1964, un bureau de style est créé et c’est un ancien bottier de la Maison Christian Dior qui seconde Georges Carel dans la réalisation de formes, talons et modèles fabriqués à Romans (Isère). Les années 60 sont aussi marquées par l’ouverture de nouvelles boutiques (à Paris sur les Champs-Elysées, au 4 rue Tronchet, au 41 boulevard des Capucines, à Rouen, Grenoble, Lille …). Le tout premier corner chaussures des Galeries Lafayette à Paris sera un corner Carel. La marque s’installe également à Bruxelles et à New York. Le développement de la société se poursuivra dans les années 70 avec l’ouverture d’une usine à Blois, en 1977, et l’arrivée dans l’entreprise de Tony, le fils de Georges Carel.

Carel entre alors dans une période faste et de grande créativité. On note aussi à cette époque un changement d’importance : les petits talons des années 60 laissent place aux talons hauts et épais et aux semelles compensées pour gagner de la hauteur tout en restant confortables. En 1974, débute une riche collaboration entre le photographe Jeanloup Sieff et la marque Carel. À la fois très modernes, féminines et sexy, ses photos ont fait les grandes heures des campagnes publicitaires de Carel durant deux décennies. 1974 est également l’année de naissance des « Marquis ». Mis au point par Tony Carel, ces mocassins tout cuir à nœud papillon sont ainsi nommés en référence aux anciens souliers de la cour royale où la couleur du nœud ou de la semelle était un code important de « l’étiquette » à Versailles. Aussi élégant qu’un escarpin et souple comme un chausson, ce modèle conquiert le cœur des Parisiennes et devient emblématique en à peine trois saisons. Petit à petit, sans aucune publicité ni star, son nœud gros grain se trouve aux pieds de toutes les lycéennes de Saint-Germain-des-Prés, Neuilly et Victor Hugo … Enfin, les années 70 marquent le début de collaborations fructueuses entre Carel – marque emblématique du chic parisien – et de jeunes créateurs de mode. Jean-Charles de Castelbajac, Thierry Mugler, Poppy Moreni, Chantal Thomass, Thierry Mugler, Jean-Paul Gaultier ou encore Karl Lagerfeld pour Chloé vont présenter leurs collections avec des chaussures Carel spécialement créées pour les défilés et fabriquées à l’usine de Blois.

En 1982, Carel rachète la marque française de souliers masculins Carvil (fondée en 1952 par Henri Lederman); celle, notamment, des « Playboys » de Jacques Dutronc (une chanson de 1966) – qui s’habillent chez Cardin et se chaussent chez Carvil – et des néo-dandys d’aujourd’hui. Carel lui emprunte alors l’un de ses modèles iconiques, le « Triomphe », afin de l’adapter pour la femme. Carel poursuit son développement avec l’ouverture de nouvelles boutiques à Paris, avenue Victor Hugo et rue Royale. En 1986, c’est Michèle Bineau-Carel, la soeur de Tony Carel qui fait son entrée dans la société pour y gérer les achats et l’organisation des collections. Leur père, Georges Carel, prendra sa retraite dans les années 90, laissant à la nouvelle génération le soin de diriger ses affaires et de pérenniser les valeurs traditionnelles portées par la marque.

Les années passant, Carel continue de s’exprimer avec de nouveaux modèles et ouvre encore quelques boutiques (à Paris, rue Saint-Honoré, au Printemps de Lille, à Lyon, Strasbourg, dans les années 2000). Mais la marque finit par quitter le devant de la scène, faute de dynamisme. En 2010, Frédérique Picard et Monia Ghazouani s’associent et rachètent Carel (et héritent de Carvil) – avec le fonds d’investissement 123Venture et quelques actionnaires individuels – afin de lui donner un second souffle. Pour atteindre cet objectif, il est impératif de rajeunir la marque; ce qui va se traduire par la mise en oeuvre d’un travail en profondeur sur les collections, les intemporels notamment, par le développement de la ligne escarpins, de collections capsules, de séries limitées. L’accent sera mis également sur la communication avec de nouvelles campagnes publicitaires, ainsi que sur les boutiques – vieillottes – qui, dès 2011, commencent à être rénovées selon le concept imaginé par l’architecte Claudio Colucci. De nouvelles créations apparaîtront naturellement dans les collections dont l’Estime, en 2011, une bottine en agneau souple à la ligne singulière – petit talon et bout carré, très sixties – qui lui vaut d’être remarquée par les fidèles de Carel. Mais pas que … l’Estime s’arrache aujourd’hui à New York et au Japon dans tous les concept stores les plus pointus, Opening Ceremony en tête.

Les chaussures Carel sont fabriquées en Italie essentiellement (certains modèles le sont en Espagne et au Portugal) dans de petits ateliers, au savoir-faire artisanal reconnu de longue date, où toutes les étapes de la fabrication sont effectuées, de la découpe des peaux à l’emballage final. Les peausseries utilisées, de belle qualité, proviennent de tanneries locales. En choisissant Carel, les femmes misent aujourd’hui comme hier sur le chic, le confort et le style.

https://www.carel.fr

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