Maison Lejaby

Maison Lejaby Paris

Maison Lejaby est une marque française haut de gamme appartenant à l’univers de la corseterie et du bain. Grâce à son remarquable savoir-faire et son sens de la créativité et de l’innovation, elle exprime un véritable idéal de beauté et de bien-aller qu’elle met, de longue date, au service de la féminité.

L’histoire de Maison Lejaby, anciennement Lejaby, s’inscrit dans l’histoire même de la lingerie; une histoire fascinante au cœur des mutations de la société, de ses mœurs, de ses modes. Tout au long des 130 années d’existence de cette marque d’exception, ou devrait-on dire des marques illustres – Rasurel et Lejaby – qui ensemble ont fait Maison Lejaby, ses créations ont accompagné les femmes dans leur quête de liberté.

Parmi les fondateurs – indirectement – de Maison Lejaby, se trouve d’abord Louis Neyron, un jeune homme qui, après ses études de droit, s’oriente vers l’industrie textile. Il crée sa première société en 1882 puis, en 1884, la société du Dr Rasurel (ensuite rebaptisée Rasurel) qui commercialise, alors, des draps, des couvertures et des sous-vêtements fabriqués dans un tissu associant un fil de laine d’Australie et de la ouate de tourbe de Hollande. Réalisés dans ce matériau novateur que Louis Neyron présente comme isolant, naturel et antiseptique, les caleçons, pantoufles et genouillères remportent un succès fou auprès de millions de Français. À la mort de Louis Neyron en 1917, sa femme Félicie reprend la direction des affaires et lance « Tanagra », la première ligne de lingerie féminine signée Rasurel. Ses fils, Jacques puis Pierre Neyron, dirigeront Rasurel jusqu’à sa vente aux frères Bugnon (1970), les propriétaires de Lejaby.

La marque Lejaby, elle, trouve son origine dans l’arrière-salle d’un cinéma tenu par Marcel et Marguerite Blanchard dans les années 30, époque des femmes fatales. Dans « L’Ange Bleu », Marlène Dietrich apparaît vêtue de porte-jarretelles. Fascinée par ce glamour, Gabrielle Viannay dite Gaby – la sœur de Marguerite Blanchard – se met à coudre de la lingerie et des soutiens-gorge que son beau-frère fait fabriquer. Très rapidement, c’est le succès et dans toute la région, on parle des « soutiens-gorge de la Gaby ». Nous sommes en 1930 : la marque Lejaby est lancée.

Avec les années 50, arrivent de nouvelles matières (polyester, polyamide, acrylique…) qui font émerger le prêt-à-porter et donnent un aspect plus féminin aux sous-vêtements. Peu de temps après la mort de Gaby, Marcel Blanchard ouvre un salon de création à Paris où sont proposés de voluptueux déshabillés, des guêpières, slips, porte-jarretelles, soutiens-gorge ultra-féminins. Au talent de l’illustrateur Gruau, qui signe les campagnes publicitaires de la marque, s’ajoute le slogan percutant, « Lejaby, une ligne du tonnerre ». La marque connaît alors un véritable succès aussi bien en France qu’à l’étranger.

Puis viennent les années 60 … La femme se libère. Brigitte Bardot inspire une mode plus sexy et devient l’icône d’une génération. À la mort de Marcel Blanchard (1960), Maurice et Charles Bugnon, deux frères issus de l’industrie de la cosmétique, rachètent Lejaby. Très vite, ils étendent la distribution à l’international mais leur trait de génie sera d’avoir réussi à obtenir l’utilisation exclusive du Lycra, fibre révolutionnaire, en France. Le soutien-gorge « Miss Top », créé en 1965, signera l’avènement des matières extensibles. Il sera vendu à plus de 3 millions d’exemplaires.

En 1970, les frères Bugnon rachètent la marque Rasurel, dont ils ne conserveront que l’activité maillots de bain. Rasurel et Lejaby cohabitent, alors, au sein de l’usine de Rillieux-la-Pape, près de Lyon. Mais les années noires de la corseterie se profilent. Il est donc indispensable de se démarquer et surtout d’être en phase avec l’évolution de la société. Rasurel embauche la styliste italienne Popy Moreni, qui va hisser la marque au firmament des marques de prêt-à-porter les plus connues des Français. Lejaby choisit d’accompagner les femmes dans leur libération et leur offre un soutien-gorge en forme de triangle aux couleurs acidulées. Son nom : « Liberty », une véritable révolution !

Pendant les années 80, la lingerie se veut plus raffinée voire audacieuse comme en témoigne la ligne en dentelle rouge « Jubilé » de Lejaby. La lingerie, donc, devient un puissant symbole de féminité et se pare de détails multiples comme la guipure, une autre innovation Lejaby, qui fait merveille sur les décolletés pigeonnants. Tandis qu’Isabelle Adjani joue les égéries, Rasurel atteint un record dans l’histoire du maillot : 1 500 000 pièces sont vendues la même année. Lejaby comme Rasurel sont des affaires prospères. À l’extrême raffinement des années 80 succède un minimalisme inédit dans la lingerie, initié par Lejaby pendant la décennie suivante avec ses sous-vêtements en microfibre sans couture. Les ventes de la ligne « Nuage » – 15 millions d’exemplaires – sont exceptionnelles. Un succès qui résonne comme un chant du cygne. Après le décès de Maurice Bugnon, Lejaby et Rasurel sont cédées au groupe textile américain Warnaco (1996). Les deux entités ne font bientôt plus qu’une et la délocalisation (commencée en 1992) est plus que jamais à l’ordre du jour.

Pendant les années 2000, suppression d’emplois et fermeture d’usines vont vider Lejaby (1200 salariés au moment de son rachat par Warnaco) de son contenu. Pire, la marque va perdre ce qui faisait son ADN : innovation et savoir-faire. Le management se focalise sur la performance financière et le rendement au détriment de la créativité. Les consommatrices ne sont plus au rendez-vous. Rachetée en 2008 par le groupe autrichien Palmers, la marque ne verra pas sa situation s’améliorer. En décembre 2011, le tribunal de commerce de Lyon prononce la liquidation judiciaire du fabricant de lingerie.

Sensible à l’histoire de Lejaby et à son indéfectible esprit d’innovation et de création, Alain Prost, ex-numéro 1 de La Perla, reprend la société à la barre du tribunal en janvier 2012. Recentrée sur le luxe, l’activité de la marque – que l’on appelle désormais Maison Lejaby – se décline en trois collections : « Elixir », « Premium » et « Couture »; la collection « Couture » étant une collection de luxe, 100 % made in France et réalisée à la main. Derrière une nouvelle signature, « Esprit Couture à la française », perle l’ambition d’un homme passionné et investi qui souhaite « imposer Maison Lejaby comme la première marque de lingerie de luxe à la française, valoriser le potentiel des métiers d’art corsetier et incarner un idéal de beauté et de bien-aller au service de la femme ». Un objectif auquel Alain Prost aura contribué, en dépit des embûches et des nouvelles difficultés rencontrées par Maison Lejaby en 2014. Quelques mois après avoir fait entrer – de façon majoritaire – le groupe français Impala au capital de la société de lingerie (octobre 2014), Alain Prost est sur le départ. Il a, en effet, annoncé en juillet 2015, qu’il allait quitter ses fonctions opérationnelles chez Maison Lejaby (tout en restant « actionnaire significatif » de la société) à l’issue des dernières missions dont il est chargé. Il sera remplacé par Jean d’Arthuys. Une nouvelle page se tourne chez Maison Lejaby …

http://www.maisonlejaby.com/

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